Les récitateurs du Coran Des voix immortelles!

Nevine Ahmed Samedi 19 Mai 2018-14:42:54 Chronique et Analyse
Les récitateurs du Coran: Des voix immortelles!
Les récitateurs du Coran: Des voix immortelles!

Simples dans leurs caractères, nobles dans leurs vertus, les récitateurs du Coran en Egypte sont incomparables. Leur réputation dépasse les frontières. Ils ont presque tous donné leur âme. Aujourd'hui, il ne reste, de l'ancienne génération, qu'un nombre ne dépassant pas les doigts de la main. On ne cesse de les entendre réciter les versets coraniques et toucher les âmes, par leur professionnalisme et par leurs voix immortelles.

 

 

Toujours une allure simple, une modestie et une sérénité sans faille. Le récitateur égyptien du Coran laisse les gens savourer les versets qu'ils entendent, méditent et en demandent davantage. Une performance professionnelle inimitable et difficile à rivaliser.

Ce sont nos parents et nos ancêtres qui ont connu le beau temps de fameux récitateurs égyptiens du Coran, qui venaient pour donner des «tilawah» en direct, soit lors des services funèbres de condoléance, ou bien lors de certaines cérémonies. Les gens se vantaient même entre eux d'avoir appelé tel ou tel fameux récitateur à une certaine occasion.

Mais comme presque rien ne perdure, le beau temps des récitateurs a, à son tour, révolu. La baguette de la technologie a également touché les récitateurs, les cassettes et les CD sont venus pour tout chambouler. «Avoir une cassette ou un CD aujourd'hui au lieu de faire appeler un récitateur, est beaucoup moins cher, plus simple et plus pratique», estime-t-on de nos jours.

Les responsables et les intéressés du métier déplorent que le monde des récitateurs ait subi une remarquable régression, tout comme les autres secteurs de l'art. Bien qu'un métier glorieux et vénérable, ayant un message noble, la récitation -en direct- du Coran, cette profession est sur le point de disparaître, regrettent d'aucuns.

Des spécialistes estiment que cette régression est notamment due à plusieurs raisons, dont entre autres, la hausse des honoraires que reçoivent les récitateurs. Les spécialistes voient que des récitateurs débutants reçoivent entre 20 et 30 mille L.E. via un compte bancaire, alors que leur performance va de mal en pis. Sans citer que le ministère des Waqfs récompense les récitateurs compétents en leur versant 60 L.E. à chaque récitation. Somme minime certes, voire qualifiée «d'humiliante» par certains.

Le présentateur des émissions religieuses sur la chaîne de Radio du Coran, Bahaa Ebada estime, pour sa part, qu'à présent cette profession noble, n'a pas sa même valeur d'antan, d'autant que nous voyions des non-professionnels l'exercer et réclamant des chiffres qui font perdre la tête!

Il ajoute qu'autrefois, on n'accordait le titre de récitateur qu'à celui qui connaissait par cœur le Coran et qui savait toutes les notes musicales et leurs règles, en plus de posséder une belle voix résonnante et enchantante.

Quant au cheikh des récitateurs égyptiens du Coran, cheikh Mohamed Saleh Hachad, il évoque, pour sa part, le recul du rôle du «kouttab» (ancienne école coranique dans les villages égyptiens) et la baisse de leur nombre, ainsi que l'absence, et de la vraie belle voix qui peut réciter les versets coraniques, et aussi le bon encouragement. «Les concours aujourd'hui s'intéressent plutôt au parcœurisme du Coran et ne s'arrêtent pas sur la beauté de la voix du récitateur… c'est déplorable», regratte cheikh Hachad, qui souligne cependant que le dernier concours du Coran (numéro 25) fait par le ministère des Waqfs, a pris compte de cette dernière remarque, et a recommandé de donner également une note à la voix.

Il révèle également que le ministère travaillait à présent à élargir l'étendue des «kouttab» ce qui aurait ses répercussions positives sur l'Egypte, qui retrouvera sa primauté dans ce domaine, comme elle l'a toujours été.

Le porte-parole du syndicat des récitateurs du Coran, Mohamed Hassanein Al-Sa'ati, affirme que l'absence de fameux récitateurs à l'instar des cheikhs Abdel Basset Abel Samad, ou Mohamed Refaat et Mostafa Ismaïl, ne signifie pas le recul de la place de l'Egypte au niveau des récitateurs. «L'Egypte est toujours le numéro un», renchérit-il. Et d'ajouter: «Ceux qui veulent savoir la valeur des récitateurs égyptiens, qu'ils suivent les concours mondiaux et qu'ils demandent les autres populations sur les récitateurs égyptiens du Coran».

Al-Sa'ati confirme que l'Egypte ne perdra jamais sa notoriété dans ce domaine car les Egyptiens connaissent et maîtrisent bien la langue arabe. «N'est-ce pas que c'est le roi d'Arabie Saoudite, Khaled Ben Abdel Aziz, qui avait dit au cheikh Abdel Samad, que le Coran était descendu à la Mecque, imprimé à Istanbul et récité en Egypte… l'Egypte est donc pionnière», tempête Al-Sa'ati, qui conclut en révélant que les cheikhs de la Mecque et de Médine, Abdel Rahmane Al-Sodeis et Ali Al-Huzeify ont appris la récitation des mains des récitateurs de Daqahliya.

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